La Présidente de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), Professeur Amsatou Sow SIDIBÉ, s’est rendue ce vendredi 11 septembre 2026 au Terminus Liberté V, où sont regroupés d’anciens travailleurs de la SOTRAC, de la SIAS et d’AMA Sénégal, actuellement en grève de la faim.
Cette visite avait pour objectif de s’enquérir directement de leur situation et d’échanger avec les représentants des grévistes sur leurs revendications et leurs conditions de vie.
Entourés au sein d’un cadre unitaire comptant 5 221 membres, les anciens travailleurs réclament le règlement d’un reliquat d’indemnités consécutif à la liquidation de leurs entreprises. Selon les informations recueillies par la CNDH, ce reliquat est actuellement estimé à environ 11,4 milliards de francs CFA. La grève de la faim illimitée a débuté le 17 août 2026.
Au cours des échanges, la Présidente de la CNDH a pris la mesure de la situation particulièrement préoccupante de ces anciens travailleurs, dont beaucoup sont aujourd’hui âgés et confrontés à une grande précarité. Plus de 800 d’entre eux seraient décédés sans avoir perçu l’intégralité de leurs droits, tandis que de nombreuses familles restent confrontées à des difficultés de santé, de scolarisation et de subsistance.
Face aux risques que fait peser la grève de la faim sur la santé et la vie des personnes concernées, la Présidente de la Commission nationale des Droits de l’Homme, le Professeur Amsatou Sow SIDIBÉ a demandé aux représentants des grévistes de surseoir à cette forme extrême de protestation, le temps de permettre la recherche d’une solution à cette situation qui perdure depuis plusieurs années.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre du mandat de la CNDH en matière de promotion et de protection des droits de l’Homme. Dans son avis adressé au Président de la République, la Commission souligne que cette situation touche notamment au droit à une rémunération juste, aux indemnités dues en cas de cessation d’activité, à la protection sociale et à la dignité.

La CNDH recommande notamment l’ouverture urgente d’un dialogue franc et inclusif avec les représentants des ex-travailleurs, la mise en place d’un dispositif de prise en charge médicale des grévistes dont l’état de santé se dégrade, ainsi que l’élaboration d’un mécanisme clair, transparent et progressif de règlement du passif social, assorti d’un échéancier précis et de garanties de paiement.
Pour la CNDH, le règlement définitif de ce dossier constituerait un signal fort en faveur de la justice sociale, de l’équité et du respect des droits humains, tout en permettant de tourner une page douloureuse pour des milliers de familles sénégalaises.