La Commission nationale des Droits de l’Homme du Sénégal (CNDH) a reçu une délégation de la Commission nationale des droits de l’Homme de la Gambie conduite par son Président, Monsieur Emmanuel Diouf.
La Présidente de la CNDH, le Professeur Amsatou Sow Sidibé, a bien accueilli cette rencontre qui s’est déroulée dans une atmosphère cordiale et fraternelle, marquée par la volonté commune de renforcer la coopération entre les deux institutions nationales des droits de l’Homme.
À cette occasion, le Président de la Commission gambienne a exprimé sa satisfaction de pouvoir enfin échanger avec la CNDH du Sénégal, tout en regrettant que cette rencontre n’ait pas eu lieu plus tôt, compte tenu de la proximité géographique et des défis communs auxquels les deux institutions sont confrontées. Il a indiqué que cette visite devrait marquer le point de départ d’une collaboration durable entre les deux structures.
Dans cette dynamique, il a annoncé que la CNDH du Sénégal sera invitée à participer à l’observation de la prochaine élection présidentielle en Gambie qui aura lieu le 5 décembre 2026, dans le cadre du renforcement de la coopération entre institutions nationales des droits de l’Homme en matière de suivi des processus électoraux.
Prenant la parole, la Présidente de la CNDH du Sénégal a salué cette initiative et souligné qu’il est naturel que la CNDH du Sénégal développe d’abord une coopération solide avec la Commission gambienne, pays voisin avec lequel les enjeux en matière de promotion et de protection des droits humains sont largement partagés.
Des axes de coopération structurants
Au cours des échanges, plusieurs axes de collaboration ont été identifiés afin de structurer ce partenariat.
Le premier axe porte sur le monitoring conjoint des droits humains dans les zones transfrontalières. Les deux institutions entendent renforcer leur coopération pour mieux suivre les situations pouvant affecter les populations vivant de part et d’autre de la frontière, notamment en matière de protection des droits fondamentaux et de prévention des violations.
Le deuxième axe concerne la coopération dans l’observation et le suivi des processus électoraux. Dans ce domaine, la CNDH du Sénégal dispose d’une expérience reconnue, notamment à travers le programme « Woté ci Jamm », dédié au monitoring des élections et à la promotion d’un climat électoral apaisé. Cette expertise pourrait être partagée dans le cadre d’initiatives conjointes.
Le troisième axe vise le renforcement des capacités institutionnelles, à travers des activités de benchmarking, des échanges d’expériences et le partage de bonnes pratiques entre les deux institutions. Cette coopération pourrait prendre la forme de sessions de formation, de visites d’étude ou encore d’ateliers techniques.
Enfin, les deux institutions ont évoqué la possibilité de mener des plaidoyers conjoints sur certaines thématiques prioritaires liées aux droits humains, afin de porter une voix commune sur des enjeux d’intérêt régional.
Les discussions ont également souligné la nécessité de mettre en place un cadre formel de partenariat, accompagné de mécanismes et d’outils opérationnels permettant de concrétiser ces axes de coopération, ainsi qu’une stratégie de mobilisation de ressources pour soutenir les initiatives conjointes.
Cette rencontre marque ainsi une étape importante dans le renforcement de la coopération entre les institutions nationales des droits de l’Homme du Sénégal et de la Gambie, dans un esprit de solidarité et de complémentarité au service de la promotion et de la protection des droits humains dans la sous-région.