Atelier de partage d’expériences entre les acteurs de la justice catalane et sénégalaise : une première journée consacrée à la prise en charge effective des violences basées sur le genre
La Commission Nationale des Droits de l’Homme du Sénégal, en partenariat avec l’Institut des Inégalités de la Catalogne, a tenu à Dakar la première journée de l’atelier de partage d’expériences entre les acteurs de la justice catalane et sénégalaise, consacré à la prise en charge des violences basées sur le genre (VBG).
Dans son allocution d’ouverture, la Présidente de la CNDH, Professeur Amsatou Sow Sidibé, a rappelé avec force que les violences basées sur le genre ne constituent pas de simples faits divers, mais de graves violations des droits humains, aux conséquences profondes sur les victimes, les familles et la cohésion sociale. Elle a souligné la nécessité d’une justice centrée sur la survivante, protectrice, accessible et exempte de violences institutionnelles.
Les travaux de la matinée ont permis une analyse comparative des cadres juridiques et institutionnels du Sénégal et de la Catalogne, mettant en lumière les avancées, mais aussi les défis persistants en matière d’effectivité de la prise en charge. La présentation de la stratégie nationale sénégalaise a insisté sur l’approche multisectorielle, notamment à travers le protocole de collaboration et le modèle des Centres d’Accueil Unifiés (CAU), fondés sur une prise en charge holistique intégrant les dimensions médicale, psychosociale, juridico-judiciaire et économique.
L’après-midi a été consacrée aux techniques spécifiques des acteurs intervenant dans la prise en charge des survivantes de VBG. Les échanges ont porté sur le rôle du policier premier intervenant, les techniques d’écoute et d’audition respectueuses des traumatismes, la protection de la confidentialité, ainsi que la nécessité de renforcer la formation continue des acteurs judiciaires et sociaux.
Les présentations de la société civile, notamment sur les Boutiques de Droit, ont mis en exergue l’importance de l’accès à l’information juridique, de l’assistance judiciaire gratuite et de l’accompagnement psychosocial des survivantes, en particulier pour les populations les plus vulnérables.
Les différentes communications ont permis aux participants de formuler des recommandations concrètes visant à améliorer la coordination interinstitutionnelle, prévenir les violences institutionnelles et renforcer l’effectivité des mécanismes de protection des survivantes.
Cette première journée a confirmé l’intérêt majeur du partage d’expériences entre acteurs judiciaires, dans une dynamique de coopération internationale fondée sur l’apprentissage mutuel et la complémentarité des pratiques.
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